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Le Comité des Etudiants et Travailleurs de l’UCL contre le Processus de Bologne publie régulièrement un journal… Il se nomme “ReCLaME” pour “REsistance Contre LA Marchandisation de l’Enseignement”.
Deux articles ont déjà été publiés sur le site. Nous donnons ici accès à la version PDF du premier numéro du journal…
Bonne lecture !
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Voici la version longue de nos réponses aux questions posées par La Savate à l’occasion des élections étudiantes :
- Quel est la signification de votre liste ?
- Quel bilan faites-vous de l’action de l’AGL en 2009-2010 ?
- Êtes-vous pour ou contre un examen d’entrée en médecine ?
- Que pensez-vous de l’anonymat des examens écrits en première bac ?
- Pour ou contre la gratuité des études ?
- Pensez-vous pertinent de financer une troisième CASA à l’aide du budget social de l’UCL alors que ce budget a été récemment diminué ?
- Comment comptez-vous favoriser l’intégration des étudiants étrangers avec les étudiants belges ?
- La fusion vient d’être reportée. N’est-ce pas le moment de la (re)mettre en question ?
- Si vous deviez prendre une seule action pour le développement durable durant votre mandat, quelle serait-elle ?
- Si vous deviez convaincre nos lecteurs de voter pour vous, vous leur diriez quoi ?
« RéCLaME » signifie « Résistance Contre La Marchandisation de l’Enseignement ». C’est aussi le nom du journal de notre groupe, le comité des étudiants et travailleurs de l’UCL contre le Processus de Bologne, diffusé à LLN. Par là, nous voulons dénoncer et combattre le processus de privatisation de l’UCL et des universités européennes, marqué par la séparation de l’enseignement et de la recherche, la vente de programmes de cours et de recherche à des sociétés privées, la suppression massive de cours et de filières jugées moins « rentables », la hausse du coût des études, la concentration du pouvoir au Conseil d’Administration (où siègent les « mécènes » de l’UCL), les pertes d’emploi, la gestion privée des logements et l’inflation des loyers, la privatisation de l’espace urbain,… Tout cela contribue à transformer l’université en une entreprise en concurrence et à faire du savoir une marchandise comme les autres.
La campagne ResPacte se concentrait sur la seule question du coût des études en Belgique, sans remise en question des causes profondes et sans en informer les étudiants ni les intégrer à la prise de décision, ce que nous avons tenté de faire en organisant une Assemblée Générale au 1er quadri et souhaitons continuer à tout prix. L’actuelle campagne « Sauvez Wendy » reproduit ces erreurs. Sur la question des logements, l’AGL n’a pas organisé la mobilisation des étudiants à la base pour lutter contre la politique de l’UCL de céder ses terrains aux privés (qui pratiquent des loyers annuels moyens 1240€ plus chers que l’UCL), privilégiant « l’aménagement » de cette politique en créant une commission paritaire. L’AGL n’a initié aucun débat interne ou public sur le bien-fondé de la fusion, préférant résoudre la question de la « représentation étudiante » fusionnée comme les autorités le lui demandaient. S’agit-il de défendre les étudiants ou les gens qui veulent défendre les étudiants à leur place ?
Le principe de limitation à l’accès à la profession est imposé par le fédéral sous prétexte que la diminution du nombre de médecins entraînera une diminution de la prescription d’examens complexes (coûteux pour la sécurité sociale) et pour assurer aux médecins une garantie de revenu confortable par diminution de l’offre. Ce principe s’exerce au mépris de la santé publique. Nous pensons que l’État doit subventionner l’éducation afin de répondre aux besoins réels des étudiants et de la société. A la place de réduire l’accès aux études de médecine, il faut augmenter le financement public de manière à améliorer l’encadrement des cours, et en finir la terrible concurrence entre étudiants que la situation actuelle, voire le numérus clausus, impose aux étudiants de première année. En invoquant les mêmes arguments économiques, ils restreindront bientôt l’accès à d’autres études de type long (BA+MA). Cet enseignement à deux vitesses est le système en vigueur aux USA et en Angleterre, et c’est celui que Bologne a récemment imposé en Allemagne et en Italie. Nous connaissons donc leurs plans et leurs conséquences désastreuses sur la formation des médecins et l’accès à la santé, et nous n’en voulons pas !
L’anonymat des copies d’examen tel qu’il se pratique dans d’autres pays européen comme la France devrait être généralisé à tous les niveaux d’étude, pas seulement en première année. L’anonymat des travaux est une chose fondamentale car elle permet que le correcteur se focalise sur le fond du travail qui lui est rendu et non sur le nom de son auteur (qui pourrait être une connaissance, une personne non appréciée ou, plus grave encore, un nom qui ne sonnerait « pas trop belge » à l’oreille du correcteur). C’est une question d’égalité de traitement entre tous les étudiants et cela doit être mis en place sans délais.
Nous pensons que le savoir est un outil d’émancipation. Dès lors nous luttons pour un savoir libre, gratuit pour tous, mis au service du bien-être commun et, en particulier, des classes les plus exploitées de la société, qui actuellement ne bénéficie pas de cet avantage pour des raisons évidentes de sélection et de reproduction sociales du fait de l’inégalité structurelle de notre société. Les « bourses » recollées avec des bouts de ficelles sont actuellement ce qui nous reste comme droits. Le savoir, tout comme la nourriture et l’eau, sont des biens fondamentaux auxquels on ne peut opposer la moindre barrière d’accès. Un tel savoir doit être organisé collectivement par les étudiants et le personnel, réellement autonome du contrôle par l’État ou par des intérêts privés. Nous ne voulons pas d’une université élitiste, chère, qui produit une majorité de techniciens et d’employés (BA) et de cadres uniformisés (MA), formés directement par leurs futurs patrons et diffusant des savoirs de plus en plus couteux pour leur seul bénéfice. La gratuité ne pourra être gagnée que par un large mouvement étudiants-travailleurs s’opposant à la privatisation des services publics dans tous les secteurs.
Non, même si ce budget avait été augmenté comme cela devrait être. Nous voulons défendre les lieux de culture alternatifs qui font la richesse historique de LLN et non favoriser le développement d’une culture unique et standardisée de « la guindaille pour la guindaille » déjà bien financées. Suite à l’expulsion et à la destruction de la maison des jeunes (Chez Zelle), suite aux menaces de disparition à l’encontre de l’ASBL Corps et Logis qui programme des séances de cinéma et des concerts aux écuries de la Ferme du Biéreau et, enfin, suite à l’interdiction pour le GRAAAV de distribuer sa soupe pop’ là où cela a le plus de sens : sur la place située devant l’Esplanade, il est urgent de défendre les alternatives culturelles de LLN ainsi que de se réapproprier l’espace public. La privatisation de cet espace est à mettre en parallèle avec la privatisation des universités suite au Processus de Bologne et au sous-financement public. Nous y opposons le rejet de la loi du profit, la liberté et la diversité culturelles, la propriété et la gestion collective.
Les étudiants étrangers n’ont pas à être désavantagés par rapport aux étudiants belges, que ce soit au niveau des frais d’inscription ou de la qualité du logement, ni à être relégués dans des quartiers « ghettos » par le Service des logements. Leurs droits doivent être défendus au même titre que ceux de tout étudiant belge. Par ailleurs, ces dernières années, les étudiants et travailleurs des universités se sont soulevés à peu près partout en Europe et dans le monde, parfois de manière massive, comme en France, Espagne, Italie, Allemagne et Autriche, contre l’application de la réforme de Bologne dans leur pays. « Education is not for sale ! » Les problèmes auxquels ils font face sont les mêmes que ceux qui nous frappent. Nous invitons les étudiants et travailleurs étrangers à transmettre leurs expériences et à se joindre à la discussion et à l’action aux côtés des étudiants et travailleurs belges.
Nous constatons que cette fusion a été décidée de manière complètement arbitraire, en reléguant ses implications pratiques comme quantité négligeable. Cette fusion est la conséquence directe du libre-marché des services d’éducation mis en place par le Processus de Bologne. Elle signifie un recul démocratique, une diminution globale de l’offre de formations actuelle par concentrations de filières, un accroissement des frais de déplacement, une délocalisation et des pertes d’emploi au niveau des structures administratives, ainsi qu’une avancée dans la privatisation de l’enseignement et de la recherche sous la forme des « pôles d’excellence » université-entreprise. Il s’agit pour nous de la refuser et de construire un mouvement de résistance ensemble, avec les étudiants et travailleurs des autres universités, afin d’empêcher ces contre-réformes de détériorer notre enseignement et nos conditions de travail.
Nous ne ferions rien en terme de développement durable parce que nous pensons que le développement durable n’est qu’une façon de polluer un peu moins pour pouvoir le faire plus longtemps. La préservation des ressources naturelles n’est pas qu’une question de gobelets ou de papiers recyclés. La science doit être mise entièrement au service du bien-être social et écologique des peuples du monde et non être vendue au secteur privé pour qu’il développe ses techniques de pression managériales et autres « conseils financiers » destinés à servir l’expansion des multinationales et des banques (voir, p. ex., les Chaires privées PWC, KBL-CBC, BNP Paribas Fortis lancées par l‘UCL). La réforme de Bologne, en privilégiant le secteur de la recherche appliquée « exploitable », se met au service de ces intérêts privés et participe à la privatisation et à la marchandisation de la planète. Une première mesure écologique sérieuse serait donc de lancer un débat sur ce que devient le monde scientifique, en dénonçant les méfaits de la recherche d’un savoir « rentable » ainsi que le développement d’entreprises privées qui libéralisent tous les champs de la vie sociale, ceci ayant un impact considérable sur notre environnement.
Nous n’avons pas envie de nous limiter à ne défendre que nos intérêts d’étudiants et de travailleurs dans un « conseil » restreint de « représentation » qui « occuperait un siège » au bout de la table des grands et qui vous « consulterait » une ou deux fois par an. Nous savons que nous ne construirons de victoires qu’en s’organisant en un mouvement étudiant autonome, indépendant des structures de pouvoir de l’université, orientées et contrôlées par ceux-là même contre qui nous devons nous défendre. Nous devons tenir des Assemblées Générales, où nous discuterions tous ensemble de ce qui nous touche, des choix des décideurs effectués sans nous, où nous délibérerions à voix égale et agirions en conséquence. Obtenir un siège à l’AGL n’est pas notre ultime but. Nous voulons que nos questions et inquiétudes sur ce que devient le monde étudiant ainsi que celui du « public » soient entendues et débattues.
Filed under: ReCLaME - Journal du Comité | Tags: baccalauréat, financement public, master, mineures, réduction de cours, sous-financement
- de chaires d’enseignement
- de postes d’encadrement pour accompagner les étudiants
- donc des crédits pour couvrir ces nouvelles dépenses
- Création de mineures
- Passage des cours de trois à cinq crédits
- neutraliser leurs concurrents
- faire des économies d’échelle
- développer leur attractivité et leur compétitivité de manière à grimper dans les cotations « rankings » telles que celles de Shangaï
- accroître leur « part de marché » et s’assurer de bénéfices supplémentaires indispensables à leur survie puisque la part de la dotation d’État s’amenuise progressivement…