ReCLaME 2010


Pourquoi l’UCL recule-t-elle la date de la fusion ?
mars 14, 2010, 11:59
Filed under: ReCLaME - Journal du Comité | Tags: , ,
in ReCLaME n°1
Comme vous avez tous pu le constater ces derniers mois, on nous annonce la marche triomphante de « la fusion »…
Le compte à rebours avançait sur le site de l’UCL, et on en était à réfléchir au nom de la future université unifiée : en anglais ou en français ? « Louvain » ou « UCL » ?
Et, du jour au lendemain, le compteur a disparu du site de l’université… Le 18 février, sans avertissement, la fusion est repoussée d’un an.
Mais qu’est-ce que cette fusion ?
Quel est son but ?
Pourquoi se précipiter au point de ne pas mesurer les difficultés et résistances et de devoir se ridiculiser en reculant ?
Quand une institution de recherche et d’enseignement comme une université prend des décisions « naturelles », en aveugle, il est grand temps de s’inquiéter de la situation…
Si les universités se mettent subitement à fusionner partout en Europe, ce n’est pas parce que c’est « dans l’air du temps », elles auraient pu le faire il y a cinquante ans déjà. C’est simplement parce que, dans le cadre du libre-marché de l’enseignement supérieur mis en place par le Processus de Bologne en Europe, celles-ci réagissent comme des entreprises en compétition, qui doivent :
  • neutraliser leurs concurrents
  • faire des économies d’échelle
  • développer leur attractivité et leur compétitivité de manière à grimper dans les cotations « rankings » telles que celles de Shangaï
  • accroître leur « part de marché » et s’assurer de bénéfices supplémentaires indispensables à leur survie puisque la part de la dotation d’État s’amenuise progressivement…
Mais il y aura beaucoup d’appelés et peu d’élus !
Ainsi, pour éviter que ce ne soit l’ULB qui les récupère, l’UCL se précipite vers une fusion avec Mons, Namur et St Louis, sans réfléchir à autre chose que « c’est autant qu’ils n’auront pas »…
Les économies d’échelle est un principe suivi lors des restructurations d’entreprises, au détriment deu nombre de poste d’employés et de la proximité administrative : il y aura toujours des documents qu’un étudiant de Namur ou de Mons sera obligé de compléter à LLN…
Autre économie d’échelle : la suppression de filières en « double », comme les lettres classiques ayant déjà disparues à Namur et Bruxelles, la sociologie à Namur ou les cours de communication que les étudiants de Mons doivent venir suivre, en bus, à Louvain.
Ainsi le président du conseil d’administration nous explique que « si nous voulons à terme exploiter pleinement les synergies de ce rapprochement, nous devons évoluer [...] vers une autre organisation où les avantages comparatifs sont optimisés et où chaque site se dote d’un profil spécifique ». La spécialisation de chaque site forçera alors ceux qui désirent étudier les matières en question à aller faire leurs études la ou elles sont, augmentant d’autant les frais de leur scolarité.
Demain, un Namurois ou un Montois sera obligé de venir étudier à Louvain-La-Neuve, essayant tant bien que mal d’obtenir un kot UCL en nombre insuffisant, forcé de se rabattre sur un kot privé. Il deviendra plus courant encore de s’endetter pour payer ses études universitaires, ou de choisir sa filière en fonction de ce que l’on peut se payer et non pas de ce que l’on veut étudier…
La fusion va ainsi provoquer une aggravation de la sélection sociale à l’université. Est-ce l’enseignement supérieur que l’on désire pour nos petits frères et sœurs, voire pour la prochaine génération ?





Les commentaires sont fermés.



Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.