ReCLaME 2010


ReCLaME N°1

Le Comité des Etudiants et Travailleurs de l’UCL contre le Processus de Bologne publie régulièrement un journal… Il se nomme “ReCLaME” pour “REsistance Contre LA Marchandisation de l’Enseignement”.

Deux articles ont déjà été publiés sur le site. Nous donnons ici accès à la version PDF du premier numéro du journal…

Bonne lecture !

ReCLaME n°1



Comment Faire en Cinq Ans avec un Financement Prévu Pour Quatre ?
L’effet le plus visible du processus de Bologne a été l’application – progressive depuis septembre 2004 – de l’allongement d’un an du premier cycle. Les raisons de ce changement sont autant la volonté d’uniformisation des diplômes européens afin de permettre un marché mondial de l’enseignement, que de rendre les baccalauréats professionalisant(1). Ainsi l’UCL participe à la création d’un enseignement à deux vitesses qui sépare  la majorité qui ne finira qu’avec un bachelier, et ceux qui auront eu les moyens d’accéder à un master – comme c’est le cas en Allemagne, Angleterre ou aux Etats-Unis.

Ralonger d’un an le premier cycle des études rend la question du financement des etudes plus lourde, par une hausse de 50% de l’investissement nécessaire (minerval, logement, manque à gagner en temps de travail salarié).
Qui dit création d’une année devrait dire ouvertures :
  • de chaires d’enseignement
  • de postes d’encadrement pour accompagner les étudiants
  • donc des crédits pour couvrir ces nouvelles dépenses
Pourtant, la dotation publique aux universités n’a pratiquemment pas augmenté.
Entre 2004 et 2010, le financement global de la Communauté Française n’a en effet augmenté  que de 8% – passant de 505 à 560 millions € – soit quasi l’inflation.
Il faut alors se demander comment l’UCL a réussi à créer une année entière d’étude avec juste des bouts de ficelle.
  • Création de mineures
Présentée uniquement comme ouvertures disciplinaires, le but des mineures était d’abord obtenir 30 credits sans réele création de cours,  en surchargant ceux des autres facultés.
Comme toutes les facultés s’y sont mises, la fréquentation des cours a augmentée partout sans création de postes d’encadrement pour gerer l’afflux d’étudiants. La première conséquence est donc la baisse de la qualité d’encadrement des etudiants en premier cycle.
  • Passage des cours de trois à cinq crédits
En 2006 la première génération de bachelier allait sortir, on s’est rendu compte que les coupes indirectes n’étaient pas suffisantes.
Les différents doyens, et en priorité ceux de sciences humaines et sociales, ont imposé le passage de cours de trois à cinq crédits.
Les programmes ont été réformés, forçant les départements à réduire de 30% leur offre de cours.
Les programmes sont donc passés, de 16 à 18 cours par an, à un maximum de 12.
Bien que l’idée de suivre moins de cours puisse paraître séduisante, cela implique une augmentation du travail des étudiants, tout en diminuant dans le même temps l’encadrement d’un tiers.

En conclusion, Bologne a considérablement affaibli la formation du premier cycle. Face à ces attaques, à la baisse de l’encadrement, à la surcharge de travail, et aux auditoires bondés qu’il s’agit de «dégraisser» à coup de QCM, il nous faut nous organiser, étudiants et personnel de l’université, pour la restauration des cours supprimés, l’engagement de nouveaux enseignants-chercheurs et de personnel administratif, ainsi que pour un refinancement massif de l’enseignement supérieur.
(Lire la suite…)



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